Imprimé depuis le site Formindep / publié le lundi 2 avril 2012 - par Thierry GOURGUES

Dépistage du cancer du sein par mammographie

La brochure d’information de la Cochrane danoise

Peter GØTZSCHE persiste et signe.

Chercheur indépendant et résistant acharné des programmes de dépistage organisé du cancer du sein, le directeur du Nordic Cochrane Centre actualise la brochure d’information que nous avions présenté ici et qu’il met en accès libre depuis 2008 sur son site. A l’occasion de la sortie de son livre Mammography screening : truth, lies and controversy et pour améliorer un peu plus « la seule information honnête sur la mammographie écrite pour les femmes par des professionnels de santé », il livre la deuxième édition de cette brochure d’information.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le dépistage du cancer du sein, sans jamais avoir osé le demander en recevant le courrier d’invitation ou en subissant la mammographie ; c’est aussi tout ce que vous auriez toujours dû savoir pour décider lucidement d’y participer ou non.

Jusqu’en 2011, il pouvait être prudent et raisonnable de se poser des questions auxquelles des réclames d’état récitées en boucle tout au long des octobres roses se refusent de répondre. En 2012 il y a beaucoup moins de doutes dans la mise à jour de cette brochure coécrite par un ancien président du conseil éthique danois, une sage-femme enseignante et un professeur associé de médecine générale [1] parce que les énoncés sont encore plus clairs :

- le dépistage "crée" beaucoup trop de femmes cancéreuses qui auraient pu rester en bonne santé
- les traitements du cancer de ces femmes qui auraient pu rester en bonne santé augmentent leur risque de mourir d’autres choses que de leur cancer.
- les preuves d’efficacité de ce dépistage organisé ne sont toujours pas au rendez-vous de la santé des femmes.

Décidément, il serait bien utile de distribuer ce fascicule à toutes les femmes concernées mais aussi à tous les médecins généralistes qu’on paye à promouvoir ces programmes de dépistage et à tous les radiologues qui, dans la lumière de leurs négatoscopes, n’ont pas de recul pour apprécier la justesse de l’épidémiologie.

Prévenir, c’est guérir, dit-on souvent pour appuyer n’importe quelle action de santé publique. Dépister, ce n’est pas toujours prévenir, c’est même parfois, comme nous le rappelle Peter GØTZSCHE ici, risquer d’être d’abord malade. Mieux vaut le savoir avant, non ?

La brochure est téléchargeable au format pdf en version française ici ou directement au bas de cet article.

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[1Ole Hartling, Margrethe Nielsen, John Brodersen