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INPES, OFDT et ÉTAT

INPES, INSERM, OFDT, INHSEJ … sont des organismes publics nationaux. Ils financent entre autres des études de grande qualité sur le tabac [1].

Les mesures gouvernementales n’en tiennent guère compte. Elles sont souvent en contradiction avec leurs données, ce qui donne à réfléchir sur la bonne gouvernance en matière de santé et l’efficacité de la politique publique.

L’INPES vient d’éditer son nouveau "Baromètre santé" [2].

J’aurais aimé pouvoir reproduire certains de ses tableaux très explicites, mais c’est interdit, hormis une autorisation expresse. Je suis indigné que de telles enquêtes, faites par des organismes publics avec de l’argent public, ne puissent être librement diffusées, à la seule condition de citer leur source.

Il s’agit d’une enquête par téléphone portant sur 27 653 personnes. La méthodologie s’est améliorée depuis 2000, l’effectif des échantillons a augmenté. Cependant ce chapitre n’aborde pas la question de la véracité des déclarations éventuellement influencée par la stigmatisation sociale croissante des fumeurs. Une validation biochimique générale ne serait-ce que par un simple dosage du CO expiré n’est pas envisageable. Quant à des sondages éventuels aléatoires, leur aspect de contrôle policier serait certainement mal accepté et biaisé. Il faut donc se contenter de cette approche fatalement imprécise.

L’information sur le tabac et ses risques semble bien faite et en progression, puisque environ 92% de la population s’estiment bien informés. Malgré cela, en dépit des interdictions de fumer et de l’augmentation des prix, la prévalence du tabagisme quotidien augmente. Malgré la crise, où du fait de la crise, elle suit depuis 2003 une pente ascendante assez régulière, plus marquée chez les femmes que chez les hommes. Elle est passée de 27,0% à 29,1% entre 2005 et 2010. Dans le groupe des 15 à 75 ans, elle était en 2010 de 37,4% chez les hommes et de 30,2% chez les femmes.

Il faut donc reconnaître que la politique actuelle est un échec, en analyser les causes et l’opportunité des nouvelles mesures.

Le prix du tabac

Depuis la Loi Evin de 1991, la politique officielle est que la hausse des prix est l’arme absolue contre le tabagisme, et qu’elle n’est jamais assez fréquente et assez importante. Mais la diminution des ventes officielles, du nombre de cigarettes quotidiennes (15,1 en 2005, 13,6 en 2010), conjointement à l’augmentation des ventes de tabac à rouler, n’est pas obligatoirement favorable à la santé. Quand le prix augmente fortement (le paquet de Marlboro est passé de 3,20€ en 2000 à 7,00€ en 2014), que les salaires ne suivent pas et que le chômage s’accroît, la tendance est à l’économie. On fume ses cigarettes jusqu’au bout, on les roule, avec éventuellement du tabac restant dans les mégots. C’est beaucoup plus dangereux que de gaspiller sa cigarette en la jetant après les trois ou 4 meilleures bouffées. Nous avons ainsi observé un effet fin de mois sur le poids des mégots, comme cela se voit sur le contenu des caddies de supermarché [3].

Le rapport note bien que la hausse des prix fait question. Parmi les chômeurs, 56,4 % des hommes et 45,4 % des femmes fument. C’est surtout marqué chez les ouvriers, chez ceux qui n’ont pas de diplôme (61,5% !). La hausse des prix du tabac ne fait qu’accentuer leur précarité et les pousse à des modes de consommation plus nocives. Le baromètre relève aussi que c’est parmi les chômeurs que la consommation d’alcool, de cannabis et de psychotropes s’est le plus accrue, aggravant un peu plus encore leur précarité sanitaire et alimentaire.

De plus, la hausse des prix suscite la contrebande et les achats transfrontaliers. Selon une estimation officielle pour 2010, la part des achats de cigarettes et de tabac à rouler hors du réseau buraliste français (y compris les achats transfrontaliers) par rapport aux ventes officielles serait en moyenne de 27% pour les cigarettes, 97% pour le tabac à rouler, 35% pour le tabac total [4]. Tabac et cigarettes confondues, la consommation annuelle déclarée aurait été de 84 328 tonnes de tabac, dont 62 395 de ventes officielles. C’est une énorme différence, qui doit rendre modeste quant aux effets de la politique menée contre le tabagisme depuis la Loi Evin, alors que le bilan en termes de trafic et de délinquance est désastreux. Sans compter la perte d’une grande partie des recettes fiscales attendues de la hausse des prix. Ces effets pervers ont peut-être amené notre ministre des affaires sociales et de la santé Madame Touraine à renoncer à une nouvelle hausse des prix qui, selon ses zélés partisans, ne serait jamais assez forte.

Mais dans sa politique incohérente en période de rigueur budgétaire, le gouvernement persiste à financer l’achat de médications à base de nicotine prétendant aider à arrêter de fumer. Mieux, elles devraient faire partie de la prime à la performance versée par l’Assurance Maladie aux médecins qui se plieraient à de tels objectifs de Santé Publique ! Ceci alors que, selon l’OFDT, leur inefficacité est d’autant plus manifeste que, si déjà les ventes de Zyban® et de Champix® en sont exclues et se sont effondrées, celles des timbres, gommes et autres médicaments nicotiniques ont chuté de 30% sur les 8 premiers mois de 2014 par rapport à la même période de 2013 [5]. Il faut clairement voir à cette persévérance la pression des lobbies de l’industrie pharmaceutique, sur laquelle il serait nécessaire que la Cour des Comptes et le Parlement se penchent.

Interdictions de vapoter

Notre ministre emboite le pas aux détracteurs de la cigarette électronique. Ils cherchent clairement à tout prix à freiner le désastre que son développement rapide constitue pour les ventes de Big Pharma. Une récente enquête américaine a comparé l’utilisation de la e-cig entre 2010 et 2013 [6]. Elle s’est énormément accrue chez les fumeurs quotidiens (de 9,8% à 36,5%) ainsi que chez les ex-fumeurs (de 2,5% à 9,6%). La curiosité des non-fumeurs est restée inchangée (1,3% à 1,2%). En s’intéressant à l’usage dans les 30 jours précédant l’enquête, l’usage s’est accru chez les fumeurs (de 4,9% à 9,4%), peu chez les ex-fumeurs (de 1,0% à 1,3%), mais les non-fumeurs l’ont abandonné (de 0,2% à non différent de 0). Il n’y a pas eu d’augmentation de l’usage dans le groupe des 18-24 ans. Ceux-ci n’ont pas l’âge où l’on a vraiment envie d’arrêter de fumer. En fait, l’intérêt pour la cigarette électronique ne s’accroît que chez les fumeurs. Les ex-fumeurs souhaitent peut-être se défendre contre des pulsions de reprise du tabagisme. Les non-fumeurs ne manifestent qu’une curiosité légitime mais qui ne s’inscrit pas dans la durée. Somme toute, la cigarette électronique n’intéresse que les fumeurs qui espèrent clairement, sinon arrêter de fumer, du moins diminuer leur consommation voire satisfaire leur besoin dans des lieux où il est interdit de fumer. Cette enquête est une réponse qui devrait modérer l’enthousiasme des détracteurs de la cigarette électronique. Les interdictions n’ont clairement pas de base scientifique comme je l’ai analysé sur ce site [7]. Quant au mauvais exemple donné aux enfants, l’Association Smoking and Health dans son rapport de juillet 2014 conclut qu’au Royaume-Uni l’utilisation de cigarettes électroniques par les enfants est presque exclusivement confinée aux fumeurs quotidiens et aux ex-fumeurs [8]. Sans que ce soit démontré on peut donc craindre un effet pervers des interdictions sur la diminution du tabagisme. Certains avancent que l’interdiction de vapoter dans les bureaux à New-York aurait amené les vapoteurs à descendre sur le trottoir se mêler à ceux qui viennent y griller une cigarette et donc…à s’en allumer une.

Interdiction de fumer dans les voitures

Ne pas fumer dans les voitures lorsque de jeunes enfants sont à bord est presque une évidence. Mais était-il nécessaire de passer par la répression ? Tous les parents n’ont pas envie de tuer leurs enfants ! Une bonne et durable campagne de sensibilisation ne serait-elle pas aussi efficace sans toujours passer par le bâton. D’autant que les enfants sont sans doute en plus grand danger lorsqu’au volant, le papa ou la maman cherche son briquet, allume une cigarette ou tente de l’éteindre en se brûlant. Tout facteur de distraction peut être fatal, c’est démontré avec le téléphone. Allumer une cigarette n’est pas une urgence. Les conducteurs pourraient attendre une aire d’autoroute, comme ils y sont incités pour s’y reposer au moins toutes les 2 heures !

Paquets neutres

Pour un fumeur quotidien, quelle méconnaissance de sa dépendance ! Qu’importe le paquet, pourvu qu’on ait l’ivresse ! Quant aux jeunes gavés de publicités criardes en tous genres, peut-on sérieusement penser que l’esthétique d’un paquet déjà passablement gâchée par les images-choc et les slogans de santé pourrait être un facteur décisif dans leur décision de commencer à fumer ? Ces messages n’ont d’ailleurs pas fait la preuve de leur efficacité. Nombre de français ont jadis appris à fumer au service militaire avec les "troupes". On ne peut pas dire que leur paquet brunâtre ait été particulièrement attractif et les non-fumeurs n’avaient aucune peine à vendre leur ration pour se faire de l’argent de poche. Le danger au contraire attire les adolescents. Il y a un mystère dans ces paquets neutres sur lesquels il faudra chercher la marque. Un an et demi après que l’Australie a introduit ces paquets neutres il semble que les bénéfices escomptés ne suivent pas. Les ventes recommencent à croître (+ 0,3%), les fumeurs s’orientent vers les marques moins prestigieuses moins chères et le tabac à rouler [9]. (Figure 1).

De plus, les compagnies tabagières pour qui la défense de leur marque est essentielle intentent des procès qui risquent de poser de graves problèmes à l’Australie et aux États qui souhaitent l’imiter.

À mon avis, voilà encore de ces mesures démagogiques dont nous mesurons l’inefficacité depuis plus de 20 ans. Du vent qui fait croire qu’on agit, un coup d’épée dans l’eau. Je dirais "Bof !!".

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