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dépistage du cancer du sein par mammographie
Lettre ouverte au Professeur KHAYAT : où sont vos preuves ?
Le 6 octobre 2011 le professeur David Khayat, cancérologue, ancien président de l’INCa, était interviewé sur France Info sur l’intérêt du dépistage du cancer du sein par mammographie. Il a énoncé lors de cet interview un certain nombre d’affirmations défendant fermement l’intérêt de ce dépistage.
Intéressés par ce propos, les médecins signataires du présent courrier demandent (...)
Un article de Philippe Masquelier, médecin généraliste, vice-président de l’association Formindep
La transparence de l’industrie pharmaceutique s’arrête là où ses intérêts financiers commencent
Publié dans Pratiques n°36
Il est temps que la société prenne conscience des risques graves qu’il y a à faire une confiance aveugle à l’industrie pharmaceutique.
Les scandales de mensonges et de rétention d’information se succèdent de la part de nombreuses firmes pharmaceutiques avec des répercussions importantes sur la santé publique.
Ainsi :
Les laboratoires Merck ont continué à développer des campagnes marketing agressives concernant le Vioxx® alors même que des effets indésirables cardio-vasculaires graves étaient connus depuis 2000 par le laboratoire, qui n’a décidé de finalement retirer le Vioxx® du marché qu’en 2004, et depuis des dizaines de milliers de morts ont été recensés [1]
[2]
Les laboratoires ayant mis sur le marché les antidépresseurs antiserotinergiques (Prozac®, Deroxat®, Floxyfral®, Zoloft®, Seropram®...) n’ont pas publié les résultats d’études négatives sur leur produits susceptibles de majorer le risque suicidaire, en particulier chez l’enfant et l’adolescent en 2004 [3].
Après ces scandales les laboratoires se sont engagés à jouer la transparence et à publier tous leurs essais...
Suite à tous ces événements le LEEM (syndicat représentant les entreprises du médicament en France) a fait des déclarations d’engagement de transparence en particulier concernant les études réalisées [4].
Plus récemment un scandale mettant en cause Bayer a été découvert.
L’Aprotinin (Trasylol®) est commercialisé depuis 1993 comme antifibrinolytique en prévention et traitement des syndromes hémorragiques après chirurgie cardiaque. Ce médicament a été initialement évalué contre placebo sans comparaison au médicament de référence.
En janvier 2006, une étude observationnelle est parue [5]. Elle a mis en évidence un sur-risque important d’insuffisance rénale sévère nécessitant une dialyse, des événements neurologiques et cardiaques graves pouvant conduire au décès.
La FDA (organisme étasunien en charge des autorisations de mise sur le marché des médicaments), en septembre 2006 en présence de Bayer, a réexaminé le rapport bénéfices-risques du Trasylol®, l’usage de ce dernier n’a pas été remis en cause.
Fin septembre 2006, suite à une fuite, on apprend qu’une étude observationnelle tenue secrète par Bayer a été réalisée confirmant les données publiées en janvier. Le laboratoire n’en a pas informé la FDA [6].
Le 17 décembre 2006, le New York Times révèle que le laboratoire Eli Lilly a délibérément minoré les effets secondaires du Zyprexa®, à savoir une prise de poids importantes et le risque de développer un diabète non insulinodépendant. Eli Lilly a promu le médicament hors de ses indications officielles. Ces révélations reposent sur la publication de documents internes au laboratoire. Ces documents affirment que cette rétention d’information est nécessaire pour ne pas porter préjudice au développement du produit [7].
La transparence : en parler ne suffit pas...
Il est temps que la société prenne conscience des risques graves qu’il y a à faire une confiance aveugle à l’industrie pharmaceutique. En dépit de ses déclarations d’intention, l’industrie ne communique pas d’informations lorsque celles-ci sont contraires à ses intérêts financiers.
Non seulement les autorités françaises en charge de la santé en France ne tiennent pas compte de tous ces scandales inquiétants pour la santé publique, mais en plus signent des chartes de « bonne conduite », des accords présentés comme « gagnant-gagnant » par les signataires, et perdants à tout coup pour les citoyens [4] [8].
Une fois pour toutes, halte à la collusion des autorités de santé, des sociétés savantes, des organismes de formation avec les firmes pharmaceutiques.
Il nous faut exiger des instances de contrôle et de régulation totalement indépendantes du financement de l’industrie pharmaceutique, une réglementation et une législation contraignantes avec obligation de résultat et des sanctions dissuasives pour les contrevenants.
Cette réglementation doit mettre en place :
La déclaration des études dès leur initiation auprès d’un organisme international indépendant (lutte contre les biais de non publication des études défavorables).
L’évaluation d’un nouveau médicament en comparaison au médicament de référence quand il existe.
La pertinence des critères d’évaluation des médicaments testés.
Le suivi des médicaments après mise sur le marché.
La possibilité pour les patients de déclarer eux-mêmes des effets secondaires.
Les modalités de l’indépendance totale, vis à vis des firmes, des organismes de contrôle et de réglementation.
C’est aux citoyens de s’organiser pour être particulièrement vigilants et exiger une vraie transparence des informations de santé et une réelle indépendance des organismes chargés du contrôle. C’est la seule voie possible pour éviter de nouveaux scandales de santé publique.
[1] The Lancet 2004 ; 364:2021-2029
[2] Public Citizen Sept. 30, 2004
[3] The Lancet 2004 ; 363:1341-1345
[4] Communiqué de presse du Leem du 13/01/2005 : les entreprises du médicaments accroissent la transparence de l’information
[5] N Engl J Med 2006 ; 354:353-365, Janv 26, 2006
[6] N Engl J Med 2006 ;355:2169-2171, Nov 23, 2006
[7] http://www.nytimes.com/2006/12/18/b...
[8] Code de bonne pratique du financement de la FMC par les firmes pharmaceutiques
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