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vendredi 1er décembre 2006 - par Dominique DUPAGNE

L’empire contre-attaque

Le ministère de la santé offre la formation des médecins à l’industrie pharmaceutique

Alors que les pays anglo-saxons s’émeuvent des rapports délétères entre l’industrie pharmaceutique et les médecins, la France met en place le financement, et donc le contrôle, de la formation médicale continue par l’industrie pharmaceutique.

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Le mois de novembre 2006 sera sans doute à marquer d’une pierre noire dans l’histoire de la médecine française. Un évènement d’une gravité exceptionnelle est survenu dans un silence feutré, évènement qui détruit le dernier bastion de qualité d’une médecine longtemps considérée comme une des meilleures du monde.

Mais quel est donc cet évènement dont vous n’avez pas entendu parler ? Il est très simple : c’est une charte de bonnes pratiques rédigée par le LEEM avec les CNFMC (Conseils Nationaux de Formation Médicale Continue) et validée par le ministère de la santé qui confirme et précise le cadre du financement de la formation des médecins par l’industrie pharmaceutique.
Rien d’extraordinaire pensez vous ? Tout le monde sait à quel point l’industrie pharmaceutique entoure les médecins, les fait voyager, les fait dîner, équipe leur service hospitalier ou leur cabinet ? Mais voila, jusqu’ici, c’était plus ou moins interdit, plus ou moins honteux, plus ou moins caché ; désormais, le processus pourra être industrialisé.

Huit ans pour construire l’étoile noire

En 1998, on pouvait lire dans la revue Stratégies : "Les laboratoires regardent d’ailleurs avec intérêt les futurs développements de la formation médicale continue (FMC), une des priorités du gouvernement. Les industriels espèrent bien obtenir l’autorisation de travailler en partenariat avec les futurs centres de formation agréés. Certains, comme Servier dans le domaine des pathologies veineuses avec son produit Daflon®, ont déjà réussi à devenir des acteurs de référence en matière de FMC."

Il aura fallu huit ans... L’autoroute est désormais grande ouverte et la manne financière de l’industrie pharmaceutique va pouvoir prendre le contrôle du dernier maillon qui lui manquait pour manipuler la totalité ou presque de l’information médicale et de la prescription de médicaments.

Certes, il y a bien un article (5) du code de déontologie médicale qui stipule "Le médecin ne peut aliéner son indépendance professionnelle sous quelque forme que ce soit." Limpide dans son énoncé, cet article est devenu purement décoratif, annulé par l’article L4113-6 du Code de la Santé Publique qui prévoit que l’industrie pharmaceutique pourra jouer le rôle d’agence de voyage, de fournisseur d’experts et d’agent logistique général lors d’invitations de médecins à ses opérations promotionnelles.

L’industrie pharmaceutique contrôle l’essentiel des outils de la communication médicale

L’industrie avait déjà transformé en faire-valoir la quasi totalité de la presse médicale généraliste qui ne survit que par elle ; manipulé la presse grand-public à l’aide de ses agences de communication et de pressions sur les journalistes ; manipulé, financé voire créé de toutes pièces des associations de patients et des sociétés "savantes" médicales. Il lui manquait une mainmise complète sur les médecins. La visite médicale trouvait ses limites : les démarcheurs de l’industrie sont de moins en moins bien reçus par les médecins qui sont saturés par cette promotion intensive et éhontée. Agir sur la formation elle-même constituait le rêve absolu du marketeur industriel. Jusqu’ici, il devait se contenter de soirées pendant lesquelles il faisait passer son message publicitaire en échange d’un dîner, voire d’un spectacle. Les amicales de médecins à vocation gastronomiques y trouvaient leur compte et beaucoup d’associations de formation médicale un financement au prix de la perte de leur indépendance.

Pour les médecins spécialistes, l’affaire est rodée depuis longtemps : l’industrie les invite (avion, hôtel) à des congrès ou pseudocongrès qui sont en fait des manifestations promotionnelles où tout est payé directement ou indirectement par les sponsors : la salle, les orateurs, les repas, les faux frais. Les médecins sont ravis de leur escapade et sont intimement persuadés de s’être formés, alors qu’ils ont été déformés... Autour de ces réunions souvent dénommées pompeusement "symposium", un vrai congrès sert d’alibi, quand il n’est pas tout bonnement absent : l’événementiel est une nouvelle science de la communication qui consiste à transformer du vent en évènement, moyennant beaucoup d’argent bien sûr. Le budget promotionnel de l’industrie pharmaceutique pour la France se compte en milliards d’euros.

Le ministère le plus bête du monde

Pour les généralistes, il existait depuis plusieurs années un fond de financement de la formation, alimenté par leurs cotisations et surtout par les autorités de tutelle. Ce financement permettait pour un coût modique l’organisation de formations souvent de bonne qualité, et totalement indépendante de tout sponsor privé. Dans une stratégie à courte vue, le ministère a préféré livrer cette formation à l’industrie, sans réaliser que les coûts induits par cette collusion serait bien sûr plus élevés à court terme pour la collectivité. Est-ce vraiment de la naïveté ? Peut on croire que des énarques s’imaginent que l’industrie va pouvoir financer des "formations" sans avoir de droit de regard sur leurs contenus ? Qui peut croire en 2006 que le payeur n’influence pas le payé et n’exige pas de retour sur investissement ?

Mais il n’y a pas que le ministère de la santé pour se réjouir d’une telle fortaiture : les représentants de la profession ne sont pas en reste. Dans Impact Médecin du 16 novembre 2006, le Dr Ortolan qui préside le Conseil National de la FMC déclare "Ce texte était nécessaire pour tout le monde. Les associations de formation n’auront plus à se justifier de leur éventuelle dépendance de l’industrie pharmaceutique". Plus loin, il précise "la multiplicité des financement doit être privilégiée pour la même action". Au moins, le Dr Ortolan reste cohérent avec ses convictions.

Le but de l’industrie est de vendre des médicament, qui pourrait en douter ?

Un document très intéressant à été publié en 2005, il n’est malheureusement pas public : intitulé "Baromètre 2005 de l’Efficacité Marketing dans l’Industrie Pharmaceutique", il a été rédigé à partir d’une étude menée par UNILOG MANAGEMENT et le GROUPE HEC, réalisée auprès de 40 acteurs de l’Industrie Pharmaceutique et plus de 70 dirigeants.

Un paragraphe d’introduction annonce la couleur :

"Les prescripteurs en ville, et dans une moindre
mesure à l’hôpital, sont de plus en plus sollicités,
en particulier par la visite médicale. Le nombre de
médecins qui refusent de recevoir les visiteurs
médicaux ou qui réduisent le nombre de contacts
à quelques rendez-vous par mois augmente régulièrement.
La concurrence devient donc de plus en
plus vive pour accéder au médecin. On arrive à
une contradiction structurelle entre les exigences
d’un ciblage de plus en plus élaboré et des possibilités
de rendez-vous qui sont, de plus en plus souvent,
liées à des relations privilégiées entre
médecins et visite médicale. De plus, la cible traditionnelle
des prescripteurs n’est plus aujourd’hui
unique. Il faut y associer celles des dispensateurs,
des professions paramédicales et, également, des
patients."

Nous ne sommes pas chez des philantropes, et c’est d’ailleurs tout à fait normal : chacun son rôle et son métier. Le rôle de l’industrie est de vendre des médicaments et de satisfaire ses actionnaires. La santé publique n’est pas dans ses missions. Les quelques laboratoires qui pouvaient avoir ce type d’idéal ont été absorbés depuis longtemps par les majors du secteur, faute d’avoir concentré toute leur énergie sur leurs forces de vente.

Plus loin, la formation médicale continue des médecins est identifiée comme une réponse possible à l"accès au prescripteur". Il va s’agir de la "piloter". On ne peut être plus clair et le concept de pilotage et très parlant : piloter, c’est conduire un groupe selon un itinéraire que l’on a décidé et tracé, c’est l’amener là ou l’on veut qu’il aille.

"Dans ce cadre, comment assurer le meilleur retour
sur investissement possible et en fonction de quelles
actions marketing ? Contrairement à l’idée généralement
admise, il n’y a pas de tendance unanime vers
une réduction des dépenses Marketing/Ventes.
Certes, tous nos interlocuteurs ont insisté sur le
besoin beaucoup plus important qu’auparavant de
la justification de chaque investissement. Et la
mesure de l’efficacité des différents moyens d’action
Marketing/Ventes déployée est souvent mise en
avant, même si certains soulignent les difficultés
d’attribuer à un seul facteur les résultats d’une opération.
Plus qu’une réduction, il s’agit d’une optimisation (...)"

"Piloter" la formation médicale continue

"Une des réponses possibles à l’accès aux prescripteurs
semble être une meilleure utilisation de la
Formation Médicale Continue et une mise en oeuvre
transparente. Plusieurs de nos interlocuteurs soulignent
que seule l’industrie pharmaceutique peut
financer cette formation. Il faut donc la formaliser,
l’organiser et la piloter. Il faut également définir clairement
les contenus fondés sur les pathologies et
non sur les produits (...). L’industrie doit faire collectivement
des propositions sur ce sujet sans attendre
que les pouvoirs publics prennent
unilatéralement des décisions qui auront, sans
doute, la forme de nouvelles taxes."

L’industrie pharmaceutique est d’ailleurs très cohérente à ce sujet : elle refuse toute forme de financement de la formation de type "pot commun" ; elle n’est intéressée que par les formations qu’elle pilote elle-même. Mais cela n’empêche pas certains de croire envers et contre tout que ce "pilotage" ne nuit pas à l’indépendance de la formation.

Ailleurs, dans l’intervention d’un marketeur industriel lors d’un séminaire , on peut lire :

"L’identification de cinq profils de médecins ne vise pas, en première instance, à mettre en avant des médicaments. « Il s’agit pour nous de travailler en affinité avec notre cible en lui apportant des solutions et des services adaptés, liés bien entendu à nos produits », insiste Christophe Bouguereau. Ces services prennent la forme de formations médicales continues, d’assistance à distance aux patients, de formation par des infirmières à l’auto injection, d’envoi de guides spécialisés, etc. Le profil du médecin dicte le service qui lui est proposé."

En première instance...

Notez bien la précision initiale "en première instance" dans le premier paragraphe de cette citation. Il s’agit pour l’industrie de tisser des liens initiaux d’allure anodine et paraissant déconnectés de toute action commerciale. Mais une fois que la relation est tissée telle un toile d’araignée, que le médecin et son patient sont devenus dépendants, les choses peuvent changer...

L’industrie en rêvait, le ministère lui offre : la formation post-universitaire des médecins sera donc désormais pilotée par l’industrie pharmaceutique. Si rien n’est fait rapidement pour arrêter cette mascarade, la santé publique et l’assurance maladie vont en payer les frais, sans doute irrémédiablement. Les anglosaxons réagissent et ont compris les dangers de ces compromissions ; en France, nous les mettons en place sous l’oeil bienveillant des autorités de tutelle.

A quand le financement de l’Université par le LEEM ? En toute indépendance bien sûr ;-)


Bibliographie sommaire concernant les dangers de la formation médicale financée par l’industrie pharmaceutique :

- Educating Health Professionals about Drug and Device Promotion : Advocates’ Recommendations
PLoS MEDICINE

- Doctors must not be lapdogs to drug firms
BMJ


Illustration : Gilles Tricoire http://www.staile.be

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  • samedi 2 décembre 2006 - par Jean-Paul Repondre

    L’empire contre-attaque

    Excellent article de notre confrère Dominique Dupagne.

    Bird & Bird, cabinet d’avocats international qui conseille l’industrie (dont l’industrie pharmaceutique), se demandait il y a 15 jours "FMC-FPC : Quelle place pour les laboratoires ?" :
    (http://www.twobirds.com/french/publications/articles/FMC-FPC_Quelle_place_laboratoires.cfm)

    « il apparaît donc qu’un laboratoire pharmaceutique pourrait demander un agrément à partir du moment où il remplirait les conditions posées par le cahier des charges. Il est également précisé par ces textes que l’agrément de l’organisme est accordé pour une durée de cinq ans renouvelable.

    [...]
    les arrêtés ministériels attendus prochainement devraient fixer le contenu de modèles de dossiers de demande d’agrément pour la FPC et la FMC. A
    priori, ces dossiers devraient contenir une "Charte des bonnes pratiques"

    [...]
    Espérons que les textes attendus permettront de définir clairement la place de l’industrie pharmaceutique dans la validation des obligations de FPC et de FMC. »

    Le "LEEM" publiait le 27/11/2006, suite à l’accord relaté par D Dupagne :
    (http://www.leem.org/htm-media/article/article.asp?id_article=752)

    « Le code de bonnes pratiques des Entreprises du Médicament dans la formation médicale continue a été approuvé par le Ministre de la Santé.
    Le Ministre de la Santé, Xavier Bertrand et le Président du Leem (Les Entreprises du Médicament), Christian Lajoux ont signé le 22 novembre
    dernier le code de bonnes pratiques...
    Ce code de bonnes pratiques organisera l’intervention de l’industrie dans le cadre de la formation médicale continue.

    [...]
    Les Entreprises du Médicament se voient reconnaître leur rôle d’acteur de santé, apportant une contribution déterminante à l’amélioration de la qualité des soins, à l’information sur le bon usage du médicament.

    [...]
    Selon les termes du Président du Leem, Christian Lajoux, "cet accord, reconnu au plus haut niveau par les pouvoirs publics, permettra aux acteurs de la formation d’assurer leur mission indispensable à
    l’amélioration de la qualité de notre système de soins" »
    [...]

    Ce communiqué concluait « Le code de bonnes pratiques est disponible sur demande au service presse », alors qu’il eût été si simple de le mettre en ligne...

    Les 2 dernières études documentant l’influence du complexe médico-industriel sur la clinique dans ma branche, la psy, via la recherche et l’élaboration de la nosographie, sont :
    - l’étude de Robert Kelly et al, qui vient d’être publiée :
    http://pt.wkhealth.com/pt/re/pgme/abstract.00006826-200611000-00016.htm
    - l’étude de Lisa Cosgrove et al, dont on peut lire l’intégralité :
    http://www.tufts.edu/ skrimsky/PDF/DSM%20COI.PDF

    A côté des pressions sur le corps médical, le complexe médico-industriel s’efforce bien sûr de viser un public plus large.

    Le LEEM a un site dédié à cette cause :
    http://www.le-medicament-parlons-en.com/htm/accueil/accueil.asp

    Sanofi-Aventis, la première entreprise française, aussi :
    http://www.santea.com

    La filiale française de GSK, une des toutes premières entreprises mondiales, est encore plus à la pointe du "marketing 2.0" : elle a son "blog" :
    http://www.avenirdelasante.fr/
    Elle y promeut entre autres bien entendu des "Conférences de citoyens" où l’on débat sur "l’avenir de la santé"...
    (http://www.presstvnews.fr/avenirdelasante/2006/)

    Précisons pour les esprits soucieux d’équilibre qu’il n’y a pas que les gôchistes à s’inquiéter de la main mise de l’industrie pharmaceutique sur la
    formation médicale des médecins et la santé des citoyens, avec par exemple :

    http://www.senat.fr/rap/r05-382/r05-3822.html#toc69
    http://www.lefigaro.fr/sciences/20060616.FIG000000048_le_marche_des_medicaments_sous_influence.html
    http://www.lexpansion.com/art/17.404.79971.0.html

    En attendant, en dehors du Formindep, force est de reconnaître que les toubibs français semblent regarder le LEEM mener ses petites affaires avec les pouvoirs publics comme des vaches regardent passent les trains.

    • samedi 2 décembre 2006 - par Dominique DUPAGNE Repondre

      L’empire contre-attaque

      Je reposte le message de Jean Paul avec des liens fonctionnels. Merci pour ces liens intéressants.

      Bird & Bird, cabinet d’avocats international qui conseille l’industrie (dont l’industrie pharmaceutique), se demandait il y a 15 jours "FMC-FPC : Quelle place pour les laboratoires ?" : (http://www.twobirds.com/french/publications/articles/FMC-FPC_Quelle_place_laboratoires.cfm)

      « il apparaît donc qu’un laboratoire pharmaceutique pourrait demander un agrément à partir du moment où il remplirait les conditions posées par le cahier des charges. Il est également précisé par ces textes que l’agrément de l’organisme est accordé pour une durée de cinq ans renouvelable.

      [...] les arrêtés ministériels attendus prochainement devraient fixer le contenu de modèles de dossiers de demande d’agrément pour la FPC et la FMC. A priori, ces dossiers devraient contenir une "Charte des bonnes pratiques"

      [...] Espérons que les textes attendus permettront de définir clairement la place de l’industrie pharmaceutique dans la validation des obligations de FPC et de FMC. »

      Le "LEEM" publiait le 27/11/2006, suite à l’accord relaté par D Dupagne : (http://leem.thotnet.heb1.fr.colt.net/htm/actus/actualite.asp?id_article=752)

      « Le code de bonnes pratiques des Entreprises du Médicament dans la formation médicale continue a été approuvé par le Ministre de la Santé. Le Ministre de la Santé, Xavier Bertrand et le Président du Leem (Les Entreprises du Médicament), Christian Lajoux ont signé le 22 novembre dernier le code de bonnes pratiques... Ce code de bonnes pratiques organisera l’intervention de l’industrie dans le cadre de la formation médicale continue.

      [...] Les Entreprises du Médicament se voient reconnaître leur rôle d’acteur de santé, apportant une contribution déterminante à l’amélioration de la qualité des soins, à l’information sur le bon usage du médicament.

      [...] Selon les termes du Président du Leem, Christian Lajoux, "cet accord, reconnu au plus haut niveau par les pouvoirs publics, permettra aux acteurs de la formation d’assurer leur mission indispensable à l’amélioration de la qualité de notre système de soins" » [...]

      Ce communiqué concluait « Le code de bonnes pratiques est disponible sur demande au service presse », alors qu’il eût été si simple de le mettre en ligne...

      Les 2 dernières études documentant l’influence du complexe médico-industriel sur la clinique dans ma branche, la psy, via la recherche et l’élaboration de la nosographie, sont :
      - l’étude de Robert Kelly et al, qui vient d’être publiée : http://pt.wkhealth.com/pt/re/pgme/abstract.00006826-200611000-00016.htm
      - l’étude de Lisa Cosgrove et al, dont on peut lire l’intégralité : http://www.tufts.edu/ skrimsky/PDF/DSM%20COI.PDF

      A côté des pressions sur le corps médical, le complexe médico-industriel s’efforce bien sûr de viser un public plus large.

      Le LEEM a un site dédié à cette cause : http://www.le-medicament-parlons-en.com/htm/accueil/accueil.asp

      Sanofi-Aventis, la première entreprise française, aussi : http://www.santea.com

      La filiale française de GSK, une des toutes premières entreprises mondiales, est encore plus à la pointe du "marketing 2.0" : elle a son "blog" : http://www.avenirdelasante.fr/ Elle y promeut entre autres bien entendu des "Conférences de citoyens" où l’on débat sur "l’avenir de la santé"... (http://www.presstvnews.fr/avenirdelasante/2006/)

      Précisons pour les esprits soucieux d’équilibre qu’il n’y a pas que les gôchistes à s’inquiéter de la main mise de l’industrie pharmaceutique sur la formation médicale des médecins et la santé des citoyens, avec par exemple :

      http://www.senat.fr/rap/r05-382/r05-3822.html#toc69 http://www.lefigaro.fr/sciences/20060616.FIG000000048_le_marche_des_medicaments_sous_influence.html http://www.lexpansion.com/art/17.404.79971.0.html

      En attendant, en dehors du Formindep, force est de reconnaître que les toubibs français semblent regarder le LEEM mener ses petites affaires avec les pouvoirs publics comme des vaches regardent passent les trains.

  • samedi 2 décembre 2006 - par Philippe FOUCRAS Repondre

    la misère éthique médicale française

    PLoS Medicine Volume 3 Issue 11 November 2006 -
    Health in Action
    - Educating Health Professionals about Drug and Device Promotion : Advocates’ Recommendations
    - Peter R. Mansfield, Joel Lexchin, Leana S. Wen, Luisella Grandori, Christopher P. McCoy, Jerome R. Hoffman, Joana Ramos, Jon N. Jureidini

    Et pendant qu’en France, les pouvoirs publics et les autorités médicales vendent la formation des médecins aux firmes, dans les pays civilisés sont proposés des objectifs d’enseignement aux professionnels de santé concernant la publicité pharmaceutique, en rappelant les évidences :

    “Education for health professionals should never, we believe, be funded by companies promoting drugs or devices.”

    “La formation des professionnels de santé ne devrait jamais, selon nous, être financée par des firmes pharmaceutiques”, expliquent les auteurs de cet article.

    L’attitude des CNFMC et de ceux qui les gèrent (ministère, Ordre des médecins) est une honte pour la médecine en France.

    Philippe Foucras

    • samedi 2 décembre 2006 - par Dominique DUPAGNE Repondre

      la misère éthique médicale française

      Comment les représentants des CNFMC sont-ils élus ou désignés ?

      • samedi 2 décembre 2006 - par Philippe FOUCRAS Repondre

        la misère éthique médicale française

        Extrait de l’article L4133-3 du code de la Santé Publique :

        "Les membres de ces conseils sont nommés par le ministre chargé de la santé, sur proposition des organismes qui les constituent.
        La durée du mandat des membres des conseils nationaux est de cinq ans. Un président est nommé au sein de chaque conseil par le ministre chargé de la santé, parmi les membres de ces conseils."

        La composition des trois conseils est régie par les articles R4133-7 à R4133-9 du même code de la Santé Publique.

        Article R4133-7

        Le Conseil national de la formation médicale continue des médecins libéraux est composé de :
        1º Deux représentants de l’ordre des médecins nommés sur proposition du Conseil national de l’ordre ;
        2º Cinq représentants enseignants des unités de formation et de recherche médicale, dont au moins deux enseignants de médecine générale, nommés sur proposition des directeurs des unités de formation et de recherche médicale après avis des présidents des universités concernées ;
        3º Quatre représentants des médecins généralistes sur proposition des organisations syndicales représentatives au plan national ;
        4º Quatre représentants des médecins spécialistes sur proposition des organisations syndicales représentatives au plan national ;
        5º Cinq représentants des organismes de formation sur proposition des organismes de formation ;
        6º Trois personnalités qualifiées, compétentes notamment dans le domaine de l’évaluation des pratiques médicales professionnelles, de la santé publique ou représentant les usagers du système de soins.
        Le directeur général de la santé ou son représentant siège avec voix consultative au conseil national.

        Article R4133-8

        Le Conseil national de la formation médicale continue des médecins salariés non hospitaliers est composé de :
        1º Deux représentants de l’ordre des médecins nommés sur proposition du Conseil national de l’ordre ;
        2º Quatre représentants enseignants des unités de formation et de recherche médicale, dont au moins un enseignant de médecine générale et un enseignant de santé publique, nommés sur proposition des directeurs des unités de formation et de recherche médicale après avis des présidents des universités concernées ;
        3º Six représentants des médecins salariés non hospitaliers sur proposition des organisations syndicales représentatives au plan national ;
        4º Deux représentants des organismes de formation sur proposition des organismes de formation ;
        5º Deux personnalités qualifiées ;
        6º Un représentant du service de santé des armées, sur proposition du ministre chargé de la défense.
        Le directeur général de la santé ou son représentant siège avec voix consultative au conseil national.

        Article R4133-9

        Le Conseil national de la formation médicale continue des personnels mentionnés à l’article L. 6155-1 est composé de :
        1º Trois représentants des conseils nationaux des ordres des médecins, des chirurgiens-dentistes et des pharmaciens, nommés sur proposition des conseils nationaux de ces ordres ;
        2º Quatre représentants enseignants des unités de formation et de recherche médicale, odontologique et pharmaceutique, nommés sur proposition des directeurs des unités de formation et de recherche médicale après avis des présidents des universités concernées ;
        3º Treize représentants des organisations syndicales représentatives au plan national des médecins, biologistes, pharmaciens, odontologistes des établissements publics de santé et des établissements privés participant au service public hospitalier ;
        4º Six représentants des conférences nationales des présidents de commission médicale d’établissements publics de santé, à raison de deux représentants par conférence, désignés par chacune d’elles, et deux représentants de la conférence nationale des présidents de commission médicale des établissements privés participant au service public hospitalier, désignés par cette conférence ;
        5º Un représentant des organismes de formation sur proposition des organismes de formation ;
        6º Trois personnalités qualifiées ;
        7º Un représentant du service de santé des armées, sur proposition du ministre chargé de la défense.
        Le directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins ou son représentant siège avec voix consultative au conseil national.

        • samedi 2 décembre 2006 - par Dominique DUPAGNE Repondre

          la misère éthique médicale française

          Merci pour ces précisions.

          Donc, 13 membres viennent des syndicats représentatifs (4 + 4 + 5 (les organismes de formation sont liées aux syndicats)). Or c’est le ministère qui décide quels syndicats sont "représentatifs" et non les urnes. De même que les administrateurs de la sécurité sociale ne sont plus élus depuis longtemps mais désignés. Le principe, pour le ministère de la santé, est donc de négocier seul avec l’industrie et avec des comparses qu’il fait nommer à sa guise.
          Il faut rappeler aussi que les syndicats médicaux qui signent la convention reçoivent des subventions conséquentes, pas les autres...
          Tout ce petit monde se tient la bourse et par la main et danse sur la tombe de la médecine française.

  • dimanche 3 décembre 2006 - par Dominique DUPAGNE Repondre

    L’empire contre-attaque

    Sur un autre support où j’avais lancé un débat Francis Abramovici m’a fait la réponse suivante et m’a autorisé à la publier ici :

    Dominique salut et fraternité

    le débat que tu lances me parait utile et je choisi de te répondre à la
    façon d’une lettre ouverte.

    Je commence par une réponse à l’article que tu as mis en ligne sur le site
    du Formindep (bonjour à Philippe FOUCRAS au passage).

    Selon que l’on place le débat sur un versant plus moraliste (ou
    idéologique) ou plus pragmatique (ou réaliste) le regard sur cet événement
    qu’est la charte sera différent.
    Permets-moi de présenter des arguments d’une "réalpolitik" en réponse à
    ceux que tu développes..


    ETAT DES LIEUX :

    Depuis des années l’industrie pharmaceutique finance la formation des
    médecins. Ce sont souvent des formations qui ont été minimalistes dans leurs
    objectifs de formation et maximalistes dans leur souhait de laisser au
    médecin un souvenir agréable du moment passé et du médicament qui y était
    lié.

    Les médecins se sont d’ailleurs assez bien prêtés à cet exercice, amenant la
    réaction saine de la loi dite "anti-cadeaux" du Ministre de l’époque
    (Kouchner).

    Sous une forme plus pudique et plus acceptable apparemment, ces
    investissements de l’industrie perdurent.
    C’est compréhensible que l’industrie qui fait du business avec le médicament
    souhaite appliquer les principes du marketing à ce commerce (Médecins du
    Monde ou d’autres organismes le font également pour des buts caritatifs).
    Ce qui ne l’est pas c’est que le message scientifique soit parfois sciemment
    tronqué ou déformé pour vendre plus.

    Afin d’éviter ces dérives, des revues comme Prescrire ou Médecine
    http://www.jle.com/fr/revues/medecine/med/sommaire.md (voir l’éditorial de
    la rédaction qui va paraître dans quelques jours N° 10 de décembre) pour les
    revues françaises (sans publicité de l’industrie pharmaceutique) sont
    indispensables.

    L’évolution vers plus de transparence avec la déclaration d’intérêt
    demandée aux experts de l’agence du médicament, et demain aux experts de la
    FMC est un petit pas qui bien que nécessaire ne nous laisse pas dupes de son
    insuffisance :
    - on peut ne pas avoir d’intérêt financier personnel dans un labo tout en
    ayant des intérêts forts (financement d’un service hospitalier, d’une
    recherche personnelle, de frais de congrès, voire d’honoraires pour une
    mission etc...) en lien avec ce labo
    - on connaît tous des experts dont le discours est influencé par ces
    intérêts
    - les grands spécialistes d’un thème seront forcément ceux que l’industrie
    choisira pour les rémunérer pour leur compétence sur le thème.
    - les hommes de sciences ne sont pas à l’abri d’une tentation de succès volé
    (voire la revue Sciences qui va changer ses procédures de sélection des
    articles après s’être fait "avoir" :
    http://www.futura-sciences.com/news-revue-science-va-durcir-procedures-exame
    n-avant-publication_10049.php

    On estime aujourd’hui que plus de 80% de l’argent de la FMC provient de
    l’industrie.

    Pour finir on voit arriver sur "le marché de la FMC et de l’EPP" des
    organismes purement privés, liés ou non à l’industrie, qui vont concurrencer
    les futurs organismes agréés, et des questions nouvelles se poseront.

    LES PROPOSITIONS

    1- Réglementaire ou contractuelle ?
    Devant ce tableau brièvement tracé de l’existant, on peut avoir deux
    souhaits contradictoires :
    - celui d’un système fermé à l’industrie qui lui interdirait le financement
    de la FMC ? ce n’est pas le mien, car les contournements seraient plus
    difficile à éviter et plus dangereux dans ce genre de choix.
    - celui d’un système ouvert , ou l’on tente d’améliorer l’existant de façon
    contractuelle, et en ayant une référence servant de base commune. La charte
    signée est un premier pas dans ce sens. C’est à nous de la faire appliquer
    et de s’y référer.

    Si l’on prend l’exemple de la presse médicale , il me semble que depuis 15
    ans ce choix de travailler ensemble (les pages FMC du Quotidien du Médecin
    en partenariat avec l’Unaformec ; les journées de la médecine générale avec
    la revue du Prat de médecine générale par exemple) ont fait monter le niveau
    de qualité (il reste encore beaucoup à faire, mais la diversité est aussi
    nécessaire de mon point de vue).

    2- Former les médecins :
    Les formations à l’analyse critique de l’information, à la méthodologie des
    essais thérapeutiques que nous avons commencé à mettre en place il y a plus
    de 20 ans (le METEV avec François LIARD à l’époque par exemple) sont
    aujourd’hui tellement bien enseigné aux futurs généralistes à la Fac que je
    pense que la génération de médecins à venir saura faire face (au moins au
    début de leur exercice) aux arguments douteux qu’une FMC financée par
    l’industrie produirait. Il n’en restera pas moins des dérives et la
    nécessité de les combattre.

    D’ailleurs c’est l’organisme habilité (et donc aux organisateurs de la
    formation) que reviendra la responsabilité de la qualité. Je peux te dire
    d’expérience que cette négociation rend possible d’assurer la qualité de la
    formation et son indépendance, même si comme la démocratie elle n’est jamais
    obtenue une fois pour toute.

    3- Augmenter les sources de financement et les diversifier
    Le FAQSV, la FPC, le FAF, l’argent des médecins eux-mêmes (le crédit d’impôt
    pour leur FMC est maintenant enfin possible ; reste à connaître l’application
    que Bercy fera au fil du temps de ce nouveau texte) restent indispensable.

    Ces sources de financement ont chacune leur avantages et leurs
    inconvénients : le FAQSV souhaite légitiment des économies, le FAF est l’
    objet de tensions entre structures, etc. Le médicament reste une source d’
    entrée dans la formation , et les formations qui se veulent décalées des
    prescriptions ont parfois des difficultés à voir le jour (éducation à la
    santé, psychothérapies etc.) car plus délicates à évaluer peut-être.
    On peut espérer convaincre "la société" de financer des FMC sur des thèmes
    qui sortent du champ du médicament.
    Tu sais comme moi, pour avoir travaillé ensemble sur le sujet, qu’ il est
    plus difficile de convaincre de la nécessité de bien insonoriser les
    appartements, et de former les médecins à la prise en charge des troubles
    du sommeil, que de financer une formation à la prescription des hypnotiques
    (mon dossier FPC sur le thème a été refusé pour 2007 sur des arguments de
    forme).

    L’industrie a tellement fait la preuve de l’efficacité de ses produits, que
    de déplacer le champ de vision au-delà du médicament est une oeuvre de
    longue haleine.

    Il a été plus long de faire passer des lois anti-tabac que des campagnes
    d’information sur le patch à la nicotine.
    Et l’état montre souvent son manque de compétence à s’adapter au
    fonctionnement des médecins lorsqu’il se mêle de FMC (cf.. l’appel d’offre
    sur le modèle des appel d’offre d’état concernant les formations sur la
    grippe aviaire).

    4. Rémunérer les médecins pour leurs efforts de formation ou par une
    reconnaissance de leurs efforts sous condition.

    C’est un débat professionnel puis syndical que je laisse de coté pour
    l’instant mais que me paraît primordial.

    POUR FINIR

    EPP et FMC fusionnent oui , c’est dans l’esprit de la loi.
    Pour illustrer les propos ci-dessus, une expérience d’EPP délivrée récemment
    lors d’un congrès organisé par l’industrie nous a donné toute satisfaction :
    - indépendance totale du déroulement de l’EPP
    - mise à disposition de conditions matérielles satisfaisantes (voire
    agréables)
    - suite dans les régions d’une EPP basée sur les méthodes de l’organisme
    habilité EPP qu’est l’Unaformec.
    - satisfaction des participants

    En conclusion :
    Que l’on fasse avec ou sans l’industrie, l’industrie elle, fera (avec ou
    sans nous).
    Diaboliser les intentions des hommes et les femmes qui travaillent dans ces
    sociétés à but très lucratif ne me semble pas réaliste.
    Nous avons rencontrés des médecins qui ont choisi une autre façon de vivre
    que nous, mais qui restent des médecins. Et c’est à nous de savoir négocier
    des partenariats utiles à tous, et à ne pas mettre tous nos oeufs dans le
    même panier.

    Amicalement à tous

    Francis ABRAMOVICI

    • dimanche 3 décembre 2006 - par Philippe FOUCRAS Repondre

      L’empire contre-attaque

      Nulle diabolisation, mais seulement des faits et des preuves, établis fermement et de façon solide, à travers de multiples publications, que maintenant des professionnels honnêtes ne devraient plus ignorer.

      Ces formations soi-disant honnêtes, sincères, "indépendantes" et financées par d’autres intérêts que ceux des patients n’ont qu’une seule efficacité établie : augmenter les ventes de produits des sponsors, endormir la vigilance éthique des participants. En dernier recours, augmenter le risque de nuire aux soins.

      Il faut maintenant que les professionnels dignes de ce nom se forment sérieusement à ce qu’est la promotion pharmaceutique déguisée en formation médicale, pour débattre de façon constructive, à partir des faits établis dans toute la littérature internationale, et non plus sur des opinions et des ressentis, à l’issue de formations "conviviales" où tout a été organisé pour donner l’impression aux "pigeons" que tout est pour le mieux dans la meilleure des collaborations possible.

      Sinon c’est du temps perdu.

    • mardi 5 décembre 2006 - par JOSEPH Repondre

      L’empire contre-attaque

      Pour répondre au Dr ABRAMOVICI

      Il est peut-être normal de faire du business avec des médicaments mais il n’est pas normal d’en faire à n’importe quel prix et aux dépens des patients et de leur maladie.
      L’attitude des laboratoires pharmaceutiques (LP) est inadmissible.Prenons l’exemple du cancer : l’IP est entrain de transformer le cancer en maladie chronique. Le GLIVEC a rapporté à Novartis 1 milliard de dollars en un an. Le CA de l’IP a été multiplié par 2 de 2004 à 2006. Le RU 58 668 n’a jamais été mis sur le marché par ROUSSEL-UCLAF car pas rentable.
      Il vaut mieux une trithérapie à vie qu’un médicament qui guérit le SIDA en 6 mois (Ah ! c’est vrai le virus se cache...)

      Ce ne sont pas des lois antitabac dont on a besoin, mais interdire aux fabricants de cigarette d’ajouter de l’ammoniaque et des produits inducteurs de cancer tels que l’Arsenic ou le Cadmium (150 produits toxiques ou indésirables sont ajoutés au tabac). Le tabac n’est pas cancérigène et aucun animal n’a pu être rendu dépendant à la nicotine. Les fabriquants de cigarettes ont la même éthique que les fabricants de médicaments. Nous sommes dans un système d’une perversité inouie. Les médecins sont complices de ce système.
      Comment peut-on admettre qu’un gouvernement vende des cigarettes en s’enrichissant et se permette de marquer que la marchandise vendue tue sans être inquiété par la justice ?
      Comment se peut-il qu’un laboratoire vende un médicament en étant juge et partie des résultats des études effectuées sur ce médicament ?
      Comment des médecins peuvent-ils accepter d’être achetés afin de prescrire un médicament ?
      Il faut que cet état d’esprit s’arrête. Le médicament n’est pas un "matériel" normal. Il ne s’agit pas de vendre n’importe quoi. On s’en fout qu’un laboratoire soit côté en bourse ! On s’en fout et on s’en contre fou !
      Alors, mes chers Confrères, arrêtez de croire que l’ostéoporose est fréquente à la ménopause et que le TSH est incontournable !
      Personne ne vous empêche de réfléchir un tantinet et de soigner à peu de frais.La formation peut aussi se faire avec votre cerveau !

      • mardi 5 décembre 2006 - par Dominique DUPAGNE Repondre

        L’empire contre-attaque

        Bonjour,

        Attention aux amalgames. Le but n’est pas de faire le procès de l’industrie pharmaceutique, mais de stigmatiser l’irruption de l’industrie pharmaceutique dans le champ de la formation médicale.

        Je ne pense pas que l’industrie ait renoncé à créer un traitement curatif du sida pour vendre des trithérapies.
        Le tabac n’est pas cancérigène mais le goudron résultant de sa combustion l’est, etc.

        Et pour ce qui me concerne, je ne mets pas dans le même sac un fabricant de cigarettes et un fabricant d’anticancéreux.

        Bref, ne mélangeons pas tout. Merci de ne pas débattre dans ce forum sur l’industrie pharmaceutique en tant que telle, mais uniquement en tant que financeur/acteur de la formation des médecins.

  • mercredi 6 décembre 2006 - par claude virot Repondre

    L’empire contre-attaque

    Bonjour,

    Voici l’article que j’insère dans notre "Lettre d’information" diffusée auprès de 1500 professionnels de santé. Nous avons aussi diffusé vos articles sur le blog. (www.emergences-rennes.com ; http://emergences.blogspirit.com/)

    Dr Claude Virot, Psychiatre, Rennes


    Bonne nouvelle : la Formation Médicale Continue a enfin trouvé un financement. Par « les entreprises du médicament (LEEM) ». Du mécenat ? Un pourcentage sur les bénéfices reversés dans un pot commun géré par la profession ? Non, non. Un accord vient d’être signé entre les Centre nationaux de Formation Médicale Continue et le Leem, ratifié par le ministre donnant l’autorisation officielle aux laboratoires de financer directement la FMC. Et ça, c’est une très mauvaise nouvelle.

    Depuis longtemps, tout le monde voit et sait que la FMC est envahie par l’argent des laboratoires : réunions, repas, colloques, études, voyages... Aujourd’hui, l’argent injecté par les labos représente 90 % de toutes les dépenses officielles de formation. 90% ! Seuls 10 misérables pour-cent permettaient de garder l’illusion de l’indépendance. Où est le danger ? Après tout, ça ne fait que rendre officiel ce qui était caché ? Et puis, il y a bien une charte de bonnes conduites ?

    Le danger,c’est l’aveu d’impuissance de la société française qui se déclare incapable de finacer la formation de ses professionnels de santé. Le danger c’est l’impuissance de ces mêmes professionnels qui disent ne pas avoir les moyens de se financer leur propre formation. Le danger c’est le message implicite que la seule voie thérapeutique est médicamenteuse. Et surtout le danger, c’est la sujétion de tout le système. Imaginons un instant... Nous sommes en 2035, 90% des budgets des universités médicales vient de l’industrie pharmaceutique. Tout va bien pendant quelques années, l’indépendance de l’université est respectée, les contenus pédagogiques sont libres... Un jour, les financeurs souhaitent orienter légèrement les programmes. Fureur indignée des facultés. Conflit. Arrêt des financements. Faillite du système. Fermeture des facs. Scénario cauchemardesque. Oui, car dans la réalité, le jour où l’industrie voudra orienter- légèrement, très légèrement- personne n’osera - ou ne pourra- s’y opposer !

    Effrayant si on imagine la formation initiale, mais sans danger, veut-on nous faire croire, s’il s’agit de la formation continue. Et si, dans quelques années, les financeurs invitent, très légèrement, à ne valider que les formations de qualité, s’ils obtiennent le pouvoir de décider de ces critères de qualité... que deviendont toutes nos formations, toutes les formations indépendantes, toutes les formations de type « psy ». Le jour où des points seront attribué aux congrès, celui de la CFHTB sera t’il validé ? C’est un virage majeur dans la vie du monde de la santé, nous ne pourrons pas dire dans 10 ans : « on ne savait pas » !

    Ceci vient renforcer considérablement l’importance de la Confédération Francophone d’Hypnose et Thérapies Brèves, l’importance de réunir tous ceux qui pensent la santé autrement, tous ceux qui participent à des actions de formation allant dans ce sens. Ceci renforce considérablement la nécessité de proposer des formations de très haute qualité, de travailler ensemble à l’élaboration de ces critères, d’accompagner tous les instituts qui se reconnaissent dans ce projet. Le futur label de la CFHTB sera un outil essentiel le jour où les autorisations de pratique passeront par des attestations de formation irréprochables.

  • mercredi 6 décembre 2006 - par Philippe MASQUELIER Repondre

    L’empire contre-attaque

    Au paragraphe « le ministère le plus bête du monde », Dominique Dupagne écrit : « Dans une stratégie à courte vue, le ministère a préféré livrer cette formation à l’industrie, sans réaliser que les coûts induits par cette collusion serait bien sûr plus élevés à court terme pour la collectivité. »

    Les coûts induits pourraient être les suivants :

    - les milliards d’euros actuellement dépensés dans le marketing du médicament en France sont reportés sur le prix des médicaments et donc financés par la collectivité c’est à dire par chacun d’entre-nous.
    - les dépenses que l’industrie pharmaceutique va engager dans le financement de la formation médicale (FMC) seront elles aussi reportées in fine sur le prix des médicaments.
    - l’influence des firmes au travers le financement de la FMC aura pour effet d’augmenter le volume de vente des médicaments.
    - l’influence des firmes aura pour conséquence une majoration des effets « collatéraux » des médicaments avec impact de santé publique source de dépenses supplémentaires directes et indirectes (cf les dizaines de milliers de morts induits par la commercialisation du Vioxx ®).
    - la sponsorisation industrielle des FMC va engendrer une concurrence déloyale avec les rares FMC indépendantes restantes au risque de les voir disparaître. La fin des FMC indépendantes sera elle même à l’origine d’un surcoût pour la collectivité : en effet ces FMC indépendantes sont plus susceptibles de proposer des formations concernant des prises en charge non médicamenteuses, la prévention...

  • mardi 4 décembre 2007 - par annemarie Repondre

    L’empire contre-attaque

    C’est dans l’air : les industriels s’infiltrent dans les universités. METRO écrit en ce 04/12/2007 : "La fac de Lyon I a signé un accord socio-économique avec la firme américaine Microsoft." Et plus loin : "L’université est la première à s’être dotée en juillet d’une fondation d’entreprise à laquelle participent Sonofi-Pasteur et la Banque populaire." Cependant, l’Etat vient de céder une part de sa participation dans EDF pour soi-disant financer les universités, alors qu’on constate tous les jours une tendance à une plus grande privatisation des universités... Cherchez l’erreur.

  • mardi 5 février 2008 - par Gael Repondre

    L’empire contre-attaque

    Merci pour l’info, très utile !

    Gael - Rédacteur pour http://www.Danger-Sante.org/