Fermer

Faire un don

Rappel des status de l'association FORMINDEP

Article 8 - Ressources

Le conseil d’administration, en cas de doute, s’assure que l’origine des dons, avantages ou subventions proposés à l’association ne contreviennent pas aux objectifs de l’association précisés dans l’article 2 des présents statuts.

Les ressources de l’association comprennent :

Le Formindep étant une association reconnue d’intérêt général, faire un don génère l'envoi par courriel d'un reçu fiscal permettant une réduction d'impôt.


l'association Formindep

S'abonner à notre lettre d'information

Espace Adhérents

Actualités

La transparence est une course de fond- Loi "sunshine" : quatre ans et toujours pas appliquée

Illustration Le 21 janvier 2016, le Conseil Constitutionnel jugeait l’article 178 de la loi « modernisation de notre système de santé » conforme à la Constitution. La transparence des contrats des personnels de santé avec les industries de santé serait-elle enfin acquise ? Retour sur 4 années de tergiversations, 4 années d’obstruction des firmes, des élus, du gouvernement, et (...)

Dépistage organisé du cancer du sein

Un dépistage inadapté au génie évolutif de la maladie, condamné à l’inefficacité.- Démystifier le diagnostic précoce par la mammographie

Illustration Le cancer du sein est un modèle pour la cancérologie classique. Il siège dans un organe externe, facile d’accès, non vital, susceptible de chirurgie radicale. Le diagnostic peut être fait pour de petites tumeurs à peine palpables et quelquefois, grâce à l’imagerie, pour des lésions millimétriques infra cliniques. Ainsi, tous les ingrédients semblent réunis pour faire du (...)

Vous êtes ici

Accueil> Actualités
Imprimer Flux RSS A+ A- Voir les commentaires
mercredi 3 décembre 2008 - par Philippe FOUCRAS

Désinformation

Grande étude, petites conséquences

Comment l’industrie pharmaceutique a étouffé l’essai ALLHAT

Un article récent du New-York Times dont le Formindep propose la traduction révèle comment l’industrie pharmaceutique a étouffé les résultats d’un grand essai clinique, l’essai ALLHAT, qui aurait dû bouleverser le traitement de l’hypertension artérielle, en améliorant la prise en charge des malades et faisant économiser des milliards d’euros, compte tenu de la fréquence de cette maladie dans le monde.

En France, l’analyse par le Formindep des données de l’assurance maladie confirme également l’absence d’impact de cet essai sur les prescriptions de médicaments antihypertenseurs.

Une preuve supplémentaire de l’efficacité du travail de désinformation de l’industrie, de la réceptivité des professionnels de santé à cette désinformation, et de la défaillance des autorités sanitaires et de sécurité sociale pour la contrer.

.

Un essai déterminant

L’essai ALLHAT, publié fin 2002 aux Etats-Unis et financé par l’argent public, aurait dû modifier profondément le traitement de l’hypertension artérielle (HTA) dans le monde.

Cet essai, qui reste toujours d’actualité, a démontré avec un haut niveau de preuves que les médicaments les plus efficaces pour prévenir les complications cardiovasculaires de l’HTA sont les plus anciens et les moins chers : les diurétiques, en particulier un diurétique thiazidique : la chlortalidone. Cet essai a comparé la chlortalidone à trois autres médicaments antihypertenseurs de classes thérapeutiques différentes et largement prescrits :

  • un inhibiteur calcique, l’amlodipine (Amlor° en France),
  • un inhibiteur de l’enzyme de conversion, le lisinopril (Zestril° ou Prinivil° en France),
  • un alpha-1-bloquant, la doxazosine (Zoxan° en France mais qui n’est plus prescrit dans cette indication du fait de ses risques cardiaques).

Aucun de ces médicaments n’a démontré une efficacité supérieure à risque comparable pour prévenir les complications cardiovasculaires de l’HTA par rapport au diurétique chlortalidone.

La contre attaque de l’industrie pharmaceutique

Voilà donc un essai indépendant, financé par l’argent public, à la méthodologie inattaquable, qui démontre que le médicament le plus ancien, le moins cher, généricable, fait mieux que toutes les "innovations" de l’industrie pharmaceutique pour soigner une des maladies les plus répandues dans le monde. Les firmes pharmaceutiques ne pouvaient pas rester sans réagir. Et elles ont réagi.

L’article paru le 28 novembre 2008 dans le New York Times raconte comment l’industrie pharmaceutique, Pfizer en particulier, a tout fait pour étouffer et discréditer les données de cette étude.

Cet article, le Formindep vous en propose une traduction [1]. Vous pouvez la télécharger en pdf et la diffuser largement. Prenez le temps de la lire. C’est édifiant. Les exemples abondent. Des membres du comité de pilotage de l’essai ALLHAT ont reçu de l’argent de Pfizer pour dénigrer l’étude qu’ils étaient chargés de suivre. Pendant un congrès cardiologique aux USA, les médecins européens invités par Pfizer ont été emmenés en visite touristique au moment des conférences qui présentaient les résultats d’ALLHAT. Etc.

JPEG - 66.3 ko

La courbe publiée dans le New York Times en dit plus qu’un long discours sur l’efficacité de ces actions. Les prescriptions de diurétiques aux Etats-Unis n’ont vraiment jamais décollé, malgré un léger sursaut après la publication des résultats. Les autres médicaments, moins efficaces mais tellement plus rentables ont continué inexorablement à croître sous l’effet de la publicité pharmaceutique, essentiellement la classe de antagonistes de l’angiotensine II (alias ARAII ou sartans).

Et en France ?

Quel a été l’impact de l’essai ALLHAT en France ?
Les prescriptions de diurétiques ont-elles augmenté à partir de la publication de l’essai ? Celles des autres antihypertenseurs se sont-elles réduites ?
Les médecins français sont-ils davantage influencés par les données de la science que par la publicité des firmes, comme l’affirment leurs leaders d’opinion ?
 [2]
Les autorités sanitaires et d’assurance maladie ont-elles pris les moyens de diffuser auprès des soignants les résultats de cet essai ?
Des milliards d’euros d’économies étaient en jeu, en plus de l’amélioration de la prise en charge des patients [3]. Comment laisser passer une telle opportunité ?

Dès 2003 les résultats d’ALLHAT étaient connus en France et la revue Prescrire s’en faisait l’écho dans un article paru en avril 2003
 [4].
Impossible, donc, pour des professionnels de santé et des autorités responsables de passer à coté.

La chlortalidone utilisée dans l’étude ALLHAT n’est plus commercialisée en France comme spécialité unique [5]. Le diurétique thiazidique de référence pour le traitement de l’HTA est l’hydrochlorothiazide commercialisé sous la marque Esidrex°. Ce médicament mis sur le marché en 1960, ne coûte que 7,5 centimes d’euros le cp de 25 mg (boîte de 90), qui est la dose maximale habituelle journalière. Parfois une dose de 12,5 mg suffit et le traitement coûte alors moins de 4 centimes d’euros par jour.

Aucun médicament antihypertenseur n’est moins cher en France. Certains plus récents, plus "innovants" selon la terminologie du marketing industriel,
coûtent jusqu’à 20 fois plus chers [6]. A ce jour aucun d’entre eux n’a démontré une meilleure efficacité que les diurétiques thiazidiques.

Pour simplifier, la plupart des patients hypertendus y compris les diabétiques [7], devraient avoir rencontré, durant leur parcours d’hypertendu, au moins une fois un diurétique, et particulièrement l’hydrochlorothiazide en France, sauf contre-indication. Il est bien sûr possible, comme tout médicament, qu’il soit mal supporté, ou qu’il se révèle inefficace ou insuffisant dans la durée. Il est normal alors de le remplacer ou de l’associer à un autre médicament d’un classe différente.

Effet nul

Selon l’étude d’octobre 2007 publiée par l’assurance maladie
 [8] environ 41 % des patients traités pour HTA en 2006 recevaient un diurétique thiazidique. Voir tableau.

JPEG - 104.8 ko
tableau - proportion des médicaments de l’HTA en France entre 2000 et 2006
JPEG - 56.1 ko

Le graphique que nous avons établi à partir de ces données apparaît globalement similaire à celui publié dans le New York Times pour les Etats-Unis. Il montre l’absence d’impact de l’essai d’ALLHAT sur la prescription des antihypertenseurs en France. Aucune croissance ou décroissance significative des prescriptions n’est perceptible, alors qu’aux Etats-Unis la publication de l’essai avait provoqué un petit sursaut des prescriptions de diurétiques. En France, il ne semble ne s’être rien passé. Sauf bien sûr, comme aux USA, l’inexorable ascension des antagonistes de l’angiotensine II (ARAII) grâce à la publicité pharmaceutique.

Nous avons également recherché dans la base de données Medic’am de l’assurance maladie, qui recense toutes les prescriptions médicamenteuses en ville depuis 2001, soumises aux remboursements, comment l’effet d’ALLHAT s’était fait sentir.

Nous avons comparé l’évolution des ventes de l’hydrochlorothiazide (Esidrex°), diurétique thiazidique de référence en l’absence de chlortalidone en France, avec celles de l’amlodipine (Amlor° en France) étudié dans ALLHAT. L’analyse des ventes d’Amlor° constitue un bon compromis car c’est un médicament qui se situe dans la moyenne des prescriptions en France, et il était un des quatre médicaments étudié dans ALLHAT.

En 2002, avant la publication d’ALLHAT, l’assurance maladie avait remboursé en ville environ 6,8 millions de comprimés d’Esidrex°
 [9]
pour une somme de 530 000 euros environ.
La même année, 170 millions environ de gélules d’Amlor° pour plus de 95,5 millions d’euros avaient été remboursées par l’assurance maladie en ville. Un rapport de 1à 25 pour le nombre d’unités de prise et de 1 à 180 pour le montant de remboursement en faveur d’Amlor°.

En 2004, soit plus d’un an après la publication d’ALLHAT, 10 millions de comprimés d’Esidrex° avaient été délivrés pour un montant remboursé de 780 000 euros. Dans le même temps, 176 millions de gélules d’Amlor° pour un montant remboursé de 100 millions d’euros avaient été prescrits. Soit, toujours en faveur de l’Amlor°, un rapport de 1 à 17,6 pour les unités de prise, et de 1 à 225 pour le montant remboursé !

Le graphique établi à partir des données de l’assurance maladie confirme l’absence total d’impact d’ALLHAT sur les prescriptions de ces deux produits. Amlor° a imperturbablement continué à être délivré environ 20 fois plus et remboursé environ 200 fois plus cher qu’Esidrex° par la sécurité sociale.

JPEG - 45.7 ko
Effet de l’essai Allhat sur le prescription de 2 antihypertenseurs en France

A la même absence d’effet, on peut attribuer à la situation française les mêmes causes que celles décrites dans l’article du New-York Times. La quasi impossibilité, globalement, des professionnels à modifier leurs pratiques quand elles ne sont pas soutenues par le marketing de l’industrie pharmaceutique et qu’aucune stimulation nette ne vient des autorités sanitaires et des financeurs. La France a pourtant les moyens de mettre en place les moyens économiques, incitatifs, de formation, institutionnels pour favoriser l’application des données de la science dans l’intérêt des citoyens. Manquent le courage face aux intérêts privés, la volonté politique, et aussi sans doute une contre-pression citoyenne face à celles de ces intérêts.

Pourtant il se jouait là, avec des données scientifiques claires et aisément applicables, une vraie chance pour la santé de la population pour une maladie qui touche plusieurs millions de personnes en France, ainsi que pour les dépenses de santé. Une chance que n’ont pas voulu saisir les financeurs de la santé, pourtant comptables de l’argent public et qui préfèrent tenter, avec les franchises médicales par exemple, de grapiller des bouts de chandelle en culpabilisant les assurés. Une chance que n’ont pas saisi non plus les professionnels de santé et leurs tutelles, responsables de fait d’une vraie " perte de chance collective " pour la santé publique.

Les variations significatives des prescriptions de médicaments en France sont plus dépendantes du marketing de l’industrie pharmaceutique que des données de la science et de la volonté des soignants et des politiques .
On le savait déjà. L’échec d’ALLHAT le vérifie une fois de plus.
A quel risque ? A quel coût ? Jusqu’à quand ?

Post Scriptum :

Article rédigé sans aucun lien d’intérêt avec une entreprise commercialisant ou fabriquant un produit de santé (article L4113-13 du CSP)

[1Nous remercions François Pesty de l’institut PUPPEM qui l’a réalisée pour nous.

[2Rappelons les propos du Dr Bernard Ortolan, président du conseil national de la formation médicale continue, qui expliquait en mars 2006 lors de son audition devant le Sénat dans le cadre du rapport : "Les conditions de mise sur le marché et de suivi des médicaments - Médicament : restaurer la confiance" que "les médecins (...) sont capables, à n’en pas douter, de distinguer l’information scientifique de la publicité". Capacité supposée des médecins qu’il met durement à l’épreuve à travers ses collaborations avec l’industrie pharmaceutique sur ses sites de "formation" médicale : par exemple blog-fmc financé par Pfizer, ou Radio IFM financé par Sanofi-Aventis.

[3selon une étude états-unienne publiée dans le JAMA en 2004, si les prescriptions pour le traitement de la seule hypertension artérielle étaient basées sur une information scientifique indépendante des influences commerciales, cela permettrait d’économiser 1,2 milliard de dollars (900 millions d’euros) chaque année aux Etats-Unis !

[4"Hypertension artérielle : diurétique en première ligne", revue Prescrire, n°238, pages 299-301 - avril 2003".

[5En France la chlortalidone n’est plus commercialisée depuis le milieu des années 90 - pourquoi ? - Il existe encore une forme associée avec de l’aténolol, autre antihypertenseur de la classe des bêtabloquants. La chlortalidone est encore commercialisée en Suisse et en Belgique sous la marque Hygroton°

[6Parmi eux le losartan commercialisé sous la marque Cozaar°, de la classe des antagonistes de l’angiotensine II, et dont le coût de traitement journalier est de 1,43 euro sous la forme 100 mg.

[7Voir : "HTA : diurétique en première ligne, même chez les diabétiques", revue Prescrire n°264, page 615 - septembre 2005

[9Pour avoir une idée exacte de la quantité de médicaments prescrits, nous avons comptabilisé les médicaments en unités de prise (comprimés pour Esidrex° et gélules pour Amlor° et non en boîtes, car le conditionnement des médicaments a évolué durant la période 2001-2007 : pour Esidrex°, passage de boîtes de 20à 30 cp, mise sur le marché de boites de 90 cp, pour Amlor, arrivée de Amlor 10 mg en plus de la forme 5 mg, boîtes de 9O gélules et de 30, etc.

Commentaires répondre à cet article

AVERTISSEMENT : les commentaires postés en réponse aux articles n'engagent pas le Formindep et sont publiés sous la seule responsabilité de leurs auteurs.

Le forum bénéficie d'une modération a priori. Les commentaires anonymes ou identifiés par un pseudo, ou ne respectant pas les règles légales ou de bienséance ne seront pas publiés.

  • vendredi 5 décembre 2008 - par Didier SEYLER Repondre

    Grande étude, petites conséquences

    Bravo pour ce papier édifiant.
    Dommage que la revue Prescrire soit sans influence décelable dans les prescriptions françaises ...
    Il pourrait être intéressant de pousser la recherche en économie (pour les "décideurs") , en prenant des hypothèses extrêmement souples : par exemple combien de dépenses en moins sur 5 ans (2003/2007) en France si on avait augmenté de x % la prescription de diurétique, et baissé de x% celle d’autres classes ?!
    C’est pas simple, mais cela pourrait être percutant ; je propose le titre : "Sécu & HTA : comment perdre des milliards ?"
    Didier Seyler

    • vendredi 5 décembre 2008 - par Philippe Foucras Repondre

      Grande étude, petites conséquences

      Salut Didier,

      J’ai pensé la même chose que toi : effet Prescrire = 0 en terme de santé publique. Mais ça n’enlève rien individuellement pour les quelques médecins qui ont eu la volonté (le courage ? la folie ?) de prescrire des diurétiques à l’encontre du tsunami pharmaceutique.

      Ta proposition d’études est bonne et tu n’es pas le seul à l’avoir eue. En plus les données sont accessibles par l’assurance maladie qui met un soin particulier à ne pas les exploiter. Que Choisir par exemple a estimé les économies potentielles sur les anti ulcéreux, les antiinflammatoires et les antiagrégants plaquettaires à 1 milliard d’euros sur 3 ans ! Ils sont venus présenter ces résultats aux 4èmes Rencontres du Formindep à Lyon en octobre dernier. Tu aurais dû venir. ;-)

      Concernant l’HTA, j’ai extrapolé à la France les résultats de l’étude du JAMA rappelée en note 3 de cet article, dont on voit maintenant la similitude avec les USA en terme de prescription. Le chiffrage est de 300 millions d’euros par an d’économies ! Et pour MIEUX SOIGNER !!

      Mais qui va s’y lancer et surtout la financer ?

      De la même façon que la propagande pharmaceutique détermine les prescriptions en France à la place des données de la science, comme le démontre cet article, la cause principale du (soi-disant) déficit de l’assurance maladie est la surprescription de pseudo innovations exorbitantes sous la pression industrielle.

      Selon les chiffres de la sécu, mon associé et moi prescrivions deux fois en quantité et trois fois moins chers que la moyenne des médecins de mon département pour des patients beaucoup plus malades que la moyenne (80 % des malades en ALD et 50 % en CMU). Le directeur de notre CPAM s’est même abonné à Prescrire pour comprendre nos résultats. Authentique.

      As-tu vu quelque part que la sécu, les syndicats médicaux ou le gouvernement ont favorisé ces pratiques ? Au contraire, plus nous faisons de l’abattage en prescrivant sans réfléchir, plus nous gagnons d’argent.

      Et le silence des médias pour dévoiler cette réalité n’est pas le moins scandaleux de cette affaire.

      Bien à toi.

      • vendredi 5 décembre 2008 - par jc grange, docteur du 16 Repondre

        Grande étude, petites conséquences

        Chers amis,
        Je crois que vous avez oublié de parler des médecins prescripteurs dans cette affaire.
        Car prétendre, selon la bonne vieille théorie du complot, que tout est lié à l’industrie pharmaceutique, c’est méconnaître l’ignorance crasse des médecins prescripteurs pour ce qui est des études cliniques, leur méconnaissance de l’anglais scientifique, leur incompétence totale des problèmes et des enjeux de la Santé Publique qui se résument pour eux à la courbe des ventes de leur cabinet.
        Dénonçons aussi la non formation des médecins français à l’épidémiologie, à l’économie de la santé, et, plus généralement, aux conséquences de leurs actes de prescripteurs.
        Soulignons également que la générication des princeps joue également un rôle dans le désinvestissement des firmes dans les "vieux" produits bien qu’elle diminue la distance entre le prix des diurétiques et des autres classes pharmacologiques.

        • samedi 6 décembre 2008 - par Philippe FOUCRAS Repondre

          Grande étude, petites conséquences

          Il faut mieux lire le texte. Révéler les pratiques des firmes n’est pas exonérer les professionnels et les politiques de leurs responsabilités. Bien au contraire, et c’est ce que nous écrivons, et avons toujours écrit. Lisez bien.

          Jamais nous ne reprochons aux firmes de faire leur travail de propagande pour vendre leurs produits au mieux des dividendes de leurs actionnaires. C’est leur fonctionnement constitutionnel depuis qu’il y a des firmes et du capitalisme (Lire Propaganda d’Edward Bernays). Il ne nous appartient pas d’y remédier, et nous n’avons jamais franchi le pas sur ce terrain politique sur lequel nos détracteurs veulent nous entraîner. c’est l’affaire de la Société tout entière si elle estime que c’est abusif et dangereux.

          Le vrai problème, nous n’avons jamais dit autre chose et c’est le seul but de notre action, ce n’est pas que les firmes font leur travail, c’est que les professionnels de santé et les autorités sanitaires ne font pas le leur. Par ignorance , incompétence, compromission, naïveté, arrogance, lâcheté, goût du pouvoir et de l’argent, etc.
          Prétendre nous faire dire autre chose est une erreur, voire de la malhonnêteté.

          Et c’est à cause de cela que nous sommes attaqués : parce que nous affichons les vraies responsabilités.

          Quant à réduire nos propos à la théorie du complot... Bof. Encore un inutile et agressif procès d’intention à notre encontre qui affaiblit inutilement votre propos qui aurait pu rester constructif sans ça.

          • samedi 6 décembre 2008 - par Didier SEYLER Repondre

            Grande étude, petites conséquences

            Bonjour,

            Tout ce qui est excessif est insignifiant n’est-ce pas ? Alors je suis d’accord avec Philippe Foucras : il ne s’agit pas de complot mais de problématique systémique dans laquelle la non maitrise de l’anglais est vraiment un micro détail. Les prescripteurs américains ne lisent-ils pas en anglais ?

            Le contribuable américain à mis 130 millions de dollars pour réaliser une étude clinique de bon niveau de preuve. On aimerait savoir pourquoi chez nous en Europe, nous ne sommes pas capable d’organiser sur financement publique, de grands essais comparant des molécules existantes, pouvant avoir un impact en terme de qualité des soins et de couts des stratégies médicamenteuses ? Les systèmes de financement des soins auraient un intérêt direct à mettre de l’argent dans ce genre d’étude.

            En remarque, pour le plaisir de la discussion, je ne pense pas que l’on puisse parler de « pseudo déficit » de l’Assurance maladie hélas (les salariés connaissent l’acronyme « RDS » en bas de leurs feuille de paye ...), et le médicament n’est pas la seule cause du déficit.

            Je pense que nos problèmes pour le système de soins sont systémique et pluri-factoriel, mais rentre dans ce que j’appelle « un modèle économique de rente ». Pour préserver ce modèle, il faut une alliance forte entre tous les rentiers du système, que cela soit de petits rentiers ou de très gros rentiers et même si entre eux la concurrence est acharnée, « organiser » l’opacité du modèle au maximum, et, une démission permanente de ceux qui sont en charge « symboliquement » de la défense de l’intérêt général : l’État et l’Assurance maladie obligatoire. L’État et l’Assurance maladie chacun dans leurs rôles, non seulement ne propose pas de politique de régulation active, mais « laisse » le non respect des règles qu’ils édictent sans contrôle ni sanction réelle. Depuis quelques temps (2 à 3 ans), le discours à changé ; on parle de contrôles, on tente des régulations, mais toujours avec le pieds sur le frein, et toujours en deçà des enjeux réels , comme si on voulait juste retarder la catastrophe annoncée sans jamais s’interroger sur « l’aprés ». Bref on fait semblant de contrôler et/ou de réguler.

            Comme pour le système financier et économique qui traverse la crise que chacun connait, le système de soins ( de santé) s’approche à toute vitesse du krach ; comme pour la crise économique, nombreux sont les « spécialistes » qui sonnent l’alerte depuis un certain temps ; la crise majeure est là, devant nous : baisse de la qualité des soins même pour les riches, baisse de la Solidarité vis à vis des soins, inégalités croissantes tous azimut (géographique, sociale, culturelle) mécontentement de tous les acteurs y compris de certains « rentiers », situation financière effarantes avec endettement des générations futures sur des dépenses de fonctionnement, trouble grave à l’ordre public avec une impunité généralisée et séculaire vis à vis des délits commis à l’encontre de l’Assurance maladie et des particuliers-patients par faillite des dispositifs de contrôle (contrôle médical de l’Assurance maladie, contrôle de l’Etat via les DDASS et DRASS).

            J’arrête là ....

            Didier Seyler

            • dimanche 7 décembre 2008 - par jcgrange, docteur du 16 Repondre

              Grande étude, petites conséquences

              Cher ami,

              Quand tu écris :"le contribuable américain a payé..." tu te trompes : cette étude a été également financée par Pfizer (qui a même imposé l’amlodipine).

              Selon les critères du formindep, cette étude est sponsorisée par Byg Pharma.

              A trop vouloir prouver...

          • dimanche 7 décembre 2008 - par jcgrange, docteur du 16 Repondre

            Grande étude, petites conséquences

            Cher ami,
            Je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis.

            Je ne fais rien dire au formindep.

            Je dis simplement qu’il ne faut pas que les professionnels de santé s’exonèrent de leurs propres responsabilités.

            Moi, contrairement à ce que tu écris, je reproche aux firmes de faire leur travail de propagande. Je leur reproche d’utiliser des moyens déloyaux mais je ne me place pas sur le plan politique, seulement sur celui de la santé publique.

            Ce n’est pas une critique du capitalisme mais une critique systémique de Byg Pharma.

            Je recommande la lecture d’un livre de David Michaels : Doubt is Their Product : How Industry’s Assault on Science Threatens Your Health (Oxford University Press, 2008), où il analyse les stratégies de désinformation de Byg Pharma.

            Ne croyez donc pas, au formindep, que je vous agresse, je cherche seulement à souligner votre arrogance sur le plan de l’éthique, de la transparence et de la bonne conscience.

            Quant à votre critique des conflits d’intérêts elle est trop centrée sur les conflits économiques, elle n’aborde pas assez les conflits d’intérêts académiques, idéologiques, politiques et d’ego qui sont parfois plus importants que les conflits d’argent (car moins visibles).

            Il est possible de critiquer Byg Pharma sans faire référence au capitalisme et, effectivement, de démasquer ses dérives fonctionnelles qui tiennent autant au cléricalisme institutionnel qu’à l’éthique personnelle des salariés de cette industrie.

            Est-il possible de critiquer formindep sans être soupçonné de procès d’intention ?
            La lecture de mon blog pourrait vous indiquer que je vais parfois plus loin que vous dans la critique de Byg Pharma.
            Vous trouverez en bas de l’article des références sur l’auteur sus-cité.

            Amitiés à tous.

  • samedi 6 décembre 2008 - par Philippe FOUCRAS Repondre

    Grande étude, petites conséquences

    Un certain nombre de blogs et de sites commencent à relayer notre étude. Merci à eux, à ceux que je n’ai pas trouvé, et à ceux, plus nombreux j’espère, qui vont le faire (qu’ils me le fassent savoir, je les citerai) :

    - le magazine mutualiste VIVA
    - MEDIAPART
    - Grange Blanche : le blog d’un cardiologue
    - Le toubib est généraliste
    - Le carnet de Julien Bezolles
    - la revue de presse d’Espace Généraliste
    - le forum de l’ANEMF

    • lundi 8 décembre 2008 - par Philippe FOUCRAS Repondre

    • samedi 14 février 2009 - par Dr. Yvon GOUEL Repondre

      Grande étude, petites conséquences

      "Vieux cardiologue", je me suis mis à faire ce blog pour mes confrères cardiologues de la Réunion devant la dérive des pratiques sponsorisées par les labos. (cardioblog.fr)
      Il est indispensable de se justifier si vous n’êtes pas conforme à la pensée unique !

      L’interprétation tendancieuse des études par les universitaires est devenu un vrai scandale ! La corruption est partout.
      J’envoie (ir)régulièrement un mail avec mon analyse des études en cardio aux médecins qui le souhaitent.
      Je ne manquerai pas de relayer vos analyses dès lors qu’elles me paraîtront pertinentes.
      Merci pour votre travail.
      Faites connaître le mien !

      Yvon GOUEL

      • dimanche 15 février 2009 - par Philippe FOUCRAS Repondre

        Grande étude, petites conséquences

        Bonjour Dr Gouel,

        Merci de vos encouragements et de votre action. J’ai visité votre site.

        Pour aller plus loin dans votre souci de transparence et d’indépendance, je vous invite à vous mettre en conformité avec l’article L4113-13 du code de la santé publique, en publiant sur votre page de présentation vos éventuels liens (ou votre absence de lien) avec des entreprises commercialisant les médicaments présentés dans les études que vous rapportez.

        Cordialement.

  • vendredi 12 décembre 2008 - par Philippe FOUCRAS Repondre

    Grande étude, petites conséquences

    L’actualité d’ALLHAT est régulièrement remise en question par les firmes qui prétendent qu’ALLHAT serait ancien, dépassé, etc. Deux articles publiés AUJOURD’HUI, vendredi 12 décembre 2008, dans le British Medical Journal viennent confirmer que le travail des firmes pour étouffer ALLHAT est toujours en cours et que ALLHAT est toujours d’actualité et pertinent pour soigner au mieux les patients hypertendus :

    Le premier article dit qu’une association diurétiques + benazepril ferait peut être moins bien qu’une association amlodipine + benazepril. Mais l’essai ne concernerait que des patients à haut risque cardiovasculaire, qui étaient déjà sous d’autres antihypertenseurs, et est financé par la firme Novartis. L’article du BMJ met en doute la pertinence de cet essai. L’étude originale est publiée dans le NEJM.


    Le deuxième article
    , beaucoup plus intéressant et pertinent scientifiquement, confirme les données d’ALLHAT, à savoir la supériorité des diurétiques thiazidiques pour traiter les patients hypertendus, y compris prédiabétiques et diabétiques.

    ALLHAT est toujours d’actualité, toujours pas dépassé et, 6 ans après sa publication, les firmes continuent à essayer d’en étouffer les données.

    PATIENTS HYPERTENDUS, Y COMPRIS DIABETIQUES : Demandez à votre médecin traitant si vous avez un traitement avec des diurétiques thiazidiques (hydrochlorothiazide). Et si ce n’est pas le cas, demandez lui POURQUOI !

    Les pdf intégraux des articles du BMJ cités peuvent être communiqués sur demande.